JANVIER 2026, La lettre aux adhérents
L’Architecture et La Ville : « Il n’existe nulle coïncidence entre le plan d’une ville dont nous consultons le dépliant et l’image mentale qui surgit en nous, à l’appel de son nom, du sédiment déposé dans la mémoire par nos vagabondages quotidiens.… » La Forme d’une ville. Julien Gracq.
Un matin, un quartier de ville ; Trottoirs étroits, porches d’entrées en retrait, façades de calcaire gris, fenêtres hautes, pente légère de la rue qui ralentit la marche. Un passage protégé par des garde-corps métalliques centraux relie la rue à la place du marché attenante au square.
Le square ; Un banc, évoquant d’autres bancs, bancs sous les arbres des parcs, bancs en lisière des avenues, bancs solitaires sous la neige sous la frondaison des arbres hauts. Les arbres, les bancs, le gravier des allées et les clôtures grillagées. Les pigeons, qui déclinent sur leur plumage toute la symphonie lumineuse des gris. Un oiseau, son chant pointu qui se prolonge au profond des arbres, l’espace d’en haut, l’espace du ciel au-dessus des hommes.
Les toits ; leur manteau gris acier ou rouille, les fenêtres identiques, les rayures rivetées du zinc, les damiers des ardoises, les châssis disposés plus hauts, et les souches brun rouge qui dépassent des faitages, alignées sur des murets transversaux par dizaines, la ligne de toiture géométrique, irrégulière, dentelée. Une maison à colombage, plus ancienne
L’eau ; Les canaux du centre bourg, un pont et ses cinq arches, l’étendue plate et peu profonde, l’eau claire qui scintille, les cygnes dans le calme du courant, les alevins, l’ancien lavoir.
Le ciel ; La masse du ciel, espace vertical rivé aux toits par une fine bande blanche qui s’étire autour des pans des murs en mille vibrations, en liserés de lumière vive. Les masses sombres des grands bâtiments, les failles lumineuses entre les masses, les morcellements entre les façades, les innombrables parties minérales de la ville exposées en pleine lumière et celles plus sombres.
La rue ; ses trottoirs propres, son revêtement de pavés granitiques usés. Les murs anciens, les pavés inégaux, les enduits passés, les fleurs naissantes au pied des façades usées, les meneaux des fenêtres. Les trottoirs, la rue, les façades de pierres grises. Aux étages, les fenêtres encadrées de volets à persiennes, des grilles forgées en allège.
Les boutiques ; petites boutiques, devantures couleur moutarde, bleue, brune. Restaurants, Cafés, bistrots, petits commerce, boulangerie : l’odeur suave des pains chaudement sortis des fours, du fumet des croissants et des brioches, de l’arôme des cafés servis dans les salles vitrées, rires d’enfants, bonjour des commerçants, voix des passants qui se rencontrent sur les trottoirs.
Les bords de la rivière, les tonalités des bâtiments, la couleur des arbres, les nuances du ciel. La Maison de l’Architecture de haute Savoie vous souhaite une bonne année 2026
José VILLOT, Président de la MA74